Le Diable (latin : Diábolus) est l'esprit ou le principe du mal selon les croyances judéo-chrétiennes. Il est, non pas un ange, mais un génie (Jinn) rebelle dans l'Islam. Il représente l'antagonisme et l'opposé de Dieu. Cette personnification du mal apparaît au VIe siècle av. J.-C.. Son aspect varie entre l'homme et l'animal réel ou imaginaire (bouc, dragon, rapace, etc.), le plus souvent hideux
Aspect et noms
La représentation la plus classique est celle d'un personnage rouge associé aux flammes, avec une tête humaine et des cornes, un trident, des membres inférieurs d'un bouc et une longue queue. On le retrouve également sous plusieurs noms :
Satan (latin :Satanas)
Belzébuth
Bélial
Asmodée
Azazel
Semiasas
Mastéma
le Malin
Lucifer
le démon.
Méphistophélès.
le Maufé
Iblis ou Sheytan pour les Musulmans
Origines
La plupart des religions précédant le christianisme intègre un ou plusieurs dieux incarnant le mal. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces déités ont généralement un double visage et parallèlement à leur dimension malveillante, sont l'objet d'un culte pour leurs aspects positifs. Elles ne sont en outre fréquemment la cause que d'une des facettes du mal et de ses manifestations. L'existence d'une entité représentant la personnification du mal sous tous ses aspects et combinant les fonctions de maître de l'inframonde, destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l'humanité semble être une singularité chrétienne. L'élaboration de cette figure originale emprunte néanmoins aux religions pratiquées au Moyen-Orient et aux influences desquelles les auteurs de la Bible furent soumis.
Mésopotamie
La religion mésopotamienne est l'une des premières à représenter l'univers comme le champ de bataille de l'affrontement cosmique entre le bien et le mal. L'épopée de Gilgamesh, le plus ancien texte connu, marque déjà la première apparition d'un personnage diabolique dans la figure de Huwawa. Ce géant monstrueux garde la forêt de cèdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque à son peuple. Gilgamesh occit le monstre mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa au delà de ses aspects terrifiants (« son rugissement est comme celui d'une tempête, sa bouche est le feu et son souffle est la mort ») représente en effet une force naturelle au caractère sacré.
Perse
Zarathoustra est à l'origine d'un bouleversement sans précédent dans la mythologie mésopotamienne puisqu'il remplace tous les dieux existant par deux entités, l'une bénéfique, Ahura Mazda, dieu de la lumière apportant l'ordre, l'autre Ahriman, présidant aux forces destructrices. Il crée ainsi la première religion dualiste en opposant deux puissances équivalentes et projetant une vision du monde en noir et blanc. Certains disciples de Zarathoustra réintroduiront certains des anciens dieux et suggèreront qu'Ahriman est subordonné à Ahura Mazda. Cette interprétation donne au dieu bienveillant le rôle de juge ultime qui laisse les démons tenter l'humanité et n'intervient qu'en dernier recours pour empêcher la victoire du mal. Cette notion de jugement dernier sera l'une des composantes du christianisme.
Ahriman est probablement le personnage ayant le plus influencé le diable chrétien. Véritable incarnation du mal, capable de rivaliser avec le dieu bienveillant, il est assisté par sept démons majeurs.
Égypte
Anubis, le seigneur de la nécropoleLe panthéon égyptien fournit deux déités dont la contribution à ce qui va devenir le diable est significative. D'une part Anubis, qui règne sur le royaume des morts et porte des attributs que l'on retrouvera chez le démon chrétien : le caractère mi-homme, mi-bête ou la queue. D'autre part, Seth, dont l'une des formes est un serpent et qui pourrait avoir donné sa couleur rouge à Satan.
Canaan
Le personnage de la religion cananéenne qui influencera le plus le démon chrétien est sans conteste Baal, dieu de la fertilité et fils du dieu El. La vision péjorative et négative que la Bible offre de Baal est probablement le reflet de l'opinion des juifs sur ce dieu d'une religion païenne mais il semble que pour ses adorateurs, Baal ait eu la dimension d'un sauveur dans son combat contre Mot, dieu de la mort et de la stérilité.
Grèce
Si la Grèce antique est le berceau de la raison, les philosophes grecs ont cependant eu une influence très relative sur leurs contemporains qui, dans toutes les strates de la société, s'en référaient encore couramment à des dieux aux travers très humains pour expliquer les vicissitudes de leur existence.
Haut-relief du dieu Pan (probablement un télamon), connu sous le nom de « satyre della Valle », découverte près du théâtre de Pompée, probablement de la fin de l'époque hellénistiqueLa mythologie grecque a profondément marqué le démon du Nouveau Testament, en particulier à travers Hermès (le messager des dieux est en effet également le dieu des voleurs et celui qui mène les morts dans l'inframonde) mais surtout son fils, Pan. Celui-ci transmettra en effet au diable cinq de ses traits de caractère les plus reconnaissables : les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle. Satan héritera en outre de sa dimension de personnification du désir sexuel. C'est en particulier sous l'influence de la vision de la sexualité de saint Augustin qui associe la sexualité au démon, les artistes se tourneront vers Pan comme source d'inspiration pour la représentation du démon.
Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses déités présentant deux facettes, l'une bienveillante et l'autre malveillante, Hésiode affirme néanmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tâche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. C'est avec Platon qu'apparaît une distinction plus claire entre l'aspiration au monde des idées et la tentation de céder aux besoins matériels (une opposition inspirée notamment par le combat de Zeus et Dionysos contre les Titans).
Rome
Les chrétiens ont de plus été inspirés par les images des tombes étrusques qui dépeignaient des scènes d'horreur, des démons et des flammes... La mythologie étrusque s'est beaucoup inspirée de la mythologie grecque, et durant les premiers siècles de l'hégémonie chrétienne à Rome, elle a dû survivre en parallèle de religions polythéistes. Il parait donc naturel que les chrétiens se soient inspirés, consciemment ou non, de ce qu'ils avaient sous les yeux, et surtout de ces dieux étrusques qui représentaient pour eux le paganisme, donc l'incarnation du mal.
Le Charun étrusque, démon de la mort, est souvent représenté sur les fresques, les sarcophages, les urnes et les vases étrusques dès le IVe siècle av. J.-C., comme un monstre ricanant, hirsute, au nez crochu, aux dents de sanglier, pourvu d'un énorme maillet.
Aspect et noms
La représentation la plus classique est celle d'un personnage rouge associé aux flammes, avec une tête humaine et des cornes, un trident, des membres inférieurs d'un bouc et une longue queue. On le retrouve également sous plusieurs noms :
Satan (latin :Satanas)
Belzébuth
Bélial
Asmodée
Azazel
Semiasas
Mastéma
le Malin
Lucifer
le démon.
Méphistophélès.
le Maufé
Iblis ou Sheytan pour les Musulmans
Origines
La plupart des religions précédant le christianisme intègre un ou plusieurs dieux incarnant le mal. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces déités ont généralement un double visage et parallèlement à leur dimension malveillante, sont l'objet d'un culte pour leurs aspects positifs. Elles ne sont en outre fréquemment la cause que d'une des facettes du mal et de ses manifestations. L'existence d'une entité représentant la personnification du mal sous tous ses aspects et combinant les fonctions de maître de l'inframonde, destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l'humanité semble être une singularité chrétienne. L'élaboration de cette figure originale emprunte néanmoins aux religions pratiquées au Moyen-Orient et aux influences desquelles les auteurs de la Bible furent soumis.
Mésopotamie
La religion mésopotamienne est l'une des premières à représenter l'univers comme le champ de bataille de l'affrontement cosmique entre le bien et le mal. L'épopée de Gilgamesh, le plus ancien texte connu, marque déjà la première apparition d'un personnage diabolique dans la figure de Huwawa. Ce géant monstrueux garde la forêt de cèdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque à son peuple. Gilgamesh occit le monstre mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa au delà de ses aspects terrifiants (« son rugissement est comme celui d'une tempête, sa bouche est le feu et son souffle est la mort ») représente en effet une force naturelle au caractère sacré.
Perse
Zarathoustra est à l'origine d'un bouleversement sans précédent dans la mythologie mésopotamienne puisqu'il remplace tous les dieux existant par deux entités, l'une bénéfique, Ahura Mazda, dieu de la lumière apportant l'ordre, l'autre Ahriman, présidant aux forces destructrices. Il crée ainsi la première religion dualiste en opposant deux puissances équivalentes et projetant une vision du monde en noir et blanc. Certains disciples de Zarathoustra réintroduiront certains des anciens dieux et suggèreront qu'Ahriman est subordonné à Ahura Mazda. Cette interprétation donne au dieu bienveillant le rôle de juge ultime qui laisse les démons tenter l'humanité et n'intervient qu'en dernier recours pour empêcher la victoire du mal. Cette notion de jugement dernier sera l'une des composantes du christianisme.
Ahriman est probablement le personnage ayant le plus influencé le diable chrétien. Véritable incarnation du mal, capable de rivaliser avec le dieu bienveillant, il est assisté par sept démons majeurs.
Égypte
Anubis, le seigneur de la nécropoleLe panthéon égyptien fournit deux déités dont la contribution à ce qui va devenir le diable est significative. D'une part Anubis, qui règne sur le royaume des morts et porte des attributs que l'on retrouvera chez le démon chrétien : le caractère mi-homme, mi-bête ou la queue. D'autre part, Seth, dont l'une des formes est un serpent et qui pourrait avoir donné sa couleur rouge à Satan.
Canaan
Le personnage de la religion cananéenne qui influencera le plus le démon chrétien est sans conteste Baal, dieu de la fertilité et fils du dieu El. La vision péjorative et négative que la Bible offre de Baal est probablement le reflet de l'opinion des juifs sur ce dieu d'une religion païenne mais il semble que pour ses adorateurs, Baal ait eu la dimension d'un sauveur dans son combat contre Mot, dieu de la mort et de la stérilité.
Grèce
Si la Grèce antique est le berceau de la raison, les philosophes grecs ont cependant eu une influence très relative sur leurs contemporains qui, dans toutes les strates de la société, s'en référaient encore couramment à des dieux aux travers très humains pour expliquer les vicissitudes de leur existence.
Haut-relief du dieu Pan (probablement un télamon), connu sous le nom de « satyre della Valle », découverte près du théâtre de Pompée, probablement de la fin de l'époque hellénistiqueLa mythologie grecque a profondément marqué le démon du Nouveau Testament, en particulier à travers Hermès (le messager des dieux est en effet également le dieu des voleurs et celui qui mène les morts dans l'inframonde) mais surtout son fils, Pan. Celui-ci transmettra en effet au diable cinq de ses traits de caractère les plus reconnaissables : les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle. Satan héritera en outre de sa dimension de personnification du désir sexuel. C'est en particulier sous l'influence de la vision de la sexualité de saint Augustin qui associe la sexualité au démon, les artistes se tourneront vers Pan comme source d'inspiration pour la représentation du démon.
Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses déités présentant deux facettes, l'une bienveillante et l'autre malveillante, Hésiode affirme néanmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tâche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. C'est avec Platon qu'apparaît une distinction plus claire entre l'aspiration au monde des idées et la tentation de céder aux besoins matériels (une opposition inspirée notamment par le combat de Zeus et Dionysos contre les Titans).
Rome
Les chrétiens ont de plus été inspirés par les images des tombes étrusques qui dépeignaient des scènes d'horreur, des démons et des flammes... La mythologie étrusque s'est beaucoup inspirée de la mythologie grecque, et durant les premiers siècles de l'hégémonie chrétienne à Rome, elle a dû survivre en parallèle de religions polythéistes. Il parait donc naturel que les chrétiens se soient inspirés, consciemment ou non, de ce qu'ils avaient sous les yeux, et surtout de ces dieux étrusques qui représentaient pour eux le paganisme, donc l'incarnation du mal.
Le Charun étrusque, démon de la mort, est souvent représenté sur les fresques, les sarcophages, les urnes et les vases étrusques dès le IVe siècle av. J.-C., comme un monstre ricanant, hirsute, au nez crochu, aux dents de sanglier, pourvu d'un énorme maillet.



